On a l’air un peu ridicule lorsqu’on fait prendre une marche à son vélo. Je veux dire, quand on se promène, à côté du vélo, en marchant. Je lui ai fait faire ses besoins sur la pelouse du voisin et je me suis sauvé avant de me faire prendre. Que je suis coquin. On a bien rigolé. Il s’en vient bon, il rapporte presque le bâton. À la station-service, je lui ai offert une petite gâterie: du nouvel air dans les pneus. C’était d’ailleurs le but de la balade (pas deux l, sinon c’est une chanson). Quand j’ai été le voir ce matin, pour la première fois de l’été, il était tout mou. Comme je n’ai pas trouvé d’orifice dans lequel insérer une pilule bleue, j’ai opté pour lui faire le bouche-à-bouche à l’aide de la pompe à air à 50¢. Tous les dons vont à la fondation du cancer du sein, me racontait la pompe fort peu bavarde (le compresseur faisait beaucoup de bruit, la conversation était ardue). C’est mieux comme ça, parce que j’étais un peu gêné de payer pour de l’air, étant donné que je viens de payer mes taxes d’eau lasalloise.
«Mes pneus sont dégonflés, madame» ai-je dis à la dame qui me jugeait de tout son regard pendant que vélo et moi marchions/roulions vers le ultramar™. Je me suis dit qu’elle ne doit pas connaître ce problème parce que les dinosaures n’avaient pas de pneus. Pendant un instant j’ai voulu kicker sa canne, mais je me suis dit que j’allais tout écrire ça ici et que ça serait bien assez méchant ainsi. Être méchant sur internet, c’est bien assez, il ne faut pas l’être dans la vie.
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